12 TEMPLE

2014 / 2021 - Genève, Cartigny

Le bâtiment est situé sur la commune de Cartigny en zone 4B protégée. Le projet consiste à réaliser deux logements.

 

Le projet

Ce projet a été imaginé pour deux soeurs et leur familles respectives, héritant d'une ancienne grange agricole édifiée à partir des années 1920. L'objectif était de créer deux habitations, l'une dans la grange existante, l'autre dans une nouvelle maison, positionnée à proximité immédiate, et agissant quasiment comme une extension de la première. La question posée dans ce contexte est, comme pour toute extension, celle de la greffe, envisagée ici dans toute ses dimensions. En effet, le bon sens et la relative frugalité de cette maison ont dicté l'écriture architecturale de sa petite soeur contemporaine.

 

La maison existante est le témoignage d'une époque de construction en bois traditionnelle, voire vernaculaire. La conception du projet de sa réhabilitation et de l'édification d'une nouvelle habitation à proximité immédiate prend ainsi une tournure très intéressante, visant à questionner un langage établi un siècle plus tôt, au service des enjeux d'édification contemporains. Il s'agit pour le concepteur de porter un regard critique sur cette construction, et de transposer cet enseignement dans l'écriture d'une extension contemporaine, dont le choix du matériau principal de structure apparaît comme une évidence : le bois.  

 

​Les principaux éléments constructifs identifiables issus d'une mise en oeuvre traditionnelle (également remarquables dans d'autres constructions du village de Cartigny) sont les suivants : expression d'un soubassement en maçonnerie, structure filigrane en bois, auvents de toiture avec expression des pannes en façade, revêtement extérieur en bardage bois pour les parties supérieures au rez, notamment. Ces éléments participent a conférer à la maison actuelle son caractère singulier, et ont été réinterprétés pour la définition de l'écriture architecturale de l'habitation contemporaine, qui utilise donc les mêmes "codes" constructifs, également dans un esprit de bon sens et de frugalité.

 

C'est ainsi que le langage spatial à l'oeuvre dans l'ancienne grange, qui exalte la structure filigrane en bois, a été repris dans la même idée pour la spatialité de l'extension contemporaine. En effet, les structures du bâtiment existant comme de l'extension sont le reflet d'une démarche conciliant les bienfaits d'une construction mixte béton / bois. Par extrapolation, il s'agit pour ce projet d'associer construction massive et construction filigrane. C'est ainsi que le béton est utilisé avec parcimonie, là où il est le plus performant : pour le soubassement (éloignement des structures bois de l'humidité) et une petite partie du rez-de-chaussée (pour le contreventement de la partie en bois). La structure filigrane quant à elle se compose d'éléments longilignes, des poteaux et des poutres en bois, avec un complément en registre de plaques pour les murs périphériques.

 

Tout comme l'ancienne grange à laquelle elle est accolée, l'expression conférée à l'extension vise à révéler au maximum sa structure primaire. A l'intérieur comme à l'extérieur. cette dernière est visible, voire mise en scène. Cet effet permet de caractériser l'espace, en assumant la vérité constructive. En façade les pannes soutiennent un auvent (qui pour chaque habitation a pour fonction de protéger la façade Sud-Est de la pluie), et le bardage est laissé brut, il se patinera avec le temps. Cette patine naturelle engendrera une plus grande familiarité entre les deux habitations au fur et à mesure que le temps passe, ce qui finalisera à terme la volonté de mimétisme initiale.